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témoignages

     
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Raïssi, bénévole à l’Afev Lyon

Le jeune dont je m'occupe s'appelle Mohamed. Je me souviens encore de la rencontre, nous étions dans son collège avec les volontaires et nous nous sommes présentés. Il a 17 ans et il vient d'Algérie. Je me suis tout de suite senti à l'aise en sa compagnie. Certes, au début il y avait une certaine distance mais avec le temps même si cela n'est pas égal à des années, nous avions appris à nous connaître. Et ainsi j'ai découvert une personne formidable. En effet même aujourd'hui je suis admiratif d'un tel courage, d'une motivation sans égal et surtout d'un sérieux exemplaire.
Je pense donc que l'Afev a été très enrichissante pour lui car sans cela l'intégration de Mohamed dans le domaine scolaire et aussi dans sa vie sociale n'aurait pas été aussi facile même si ce dernier dispose de qualités en faveur de cela.
J'ai également beaucoup appris avec l'Afev; l'Afev m'a permis de voir une réalité trop souvent appauvrie et oubliée par notre entourage et les médias; aussi je me sens fier de pouvoir aider ce jeune.
Pour cela j'encourage tous les étudiants à faire bénéficier d'un peu de leur temps libre à l'Afev pour pouvoir vivre tout comme moi une expérience humainement enrichissante.


Virginie, bénévole à l’Afev Perpignan


J’accompagne Abbès, collégien en 3ème, depuis 1 ans. C’est un garçon qui a pas mal de difficultés en lecture et écriture, car cela fait cinq ans qu’il est en France. Il a été dans des classes spécialisées pour les Enfants Nouvellement Arrivés pendant deux ans, mais depuis, a repris le cursus scolaire dit « normal ». Nous allons donc souvent à la médiathèque ensemble, où il est inscrit, afin qu’il puisse prendre le goût de la lecture, et qu’il ramène des livres chez lui. Puis, nous sommes récemment allés voir deux pièces de théâtre, car il n’en avait jamais vu jusqu’alors ! Bien qu’il ait des difficultés en français, cela lui a plu !
J’aimerais juste dire que cet accompagnement m’aura beaucoup apporté, car hormis le fait de se sentir utile en donnant de mon expérience et de mon savoir à Abbès, c’est l’échange et la sympathie qui s’est créé entre nous qui est importante !

Mathis, bénévole à l’Afev Nanterre

J’ai connu l’Afev grâce au bouche à oreille. J’avais envie d’aider. J’ai choisi les ateliers pour avoir l’opportunité de travailler avec un groupe d’enfants. Chaque samedi après-midi, je vais au centre social des Canibouts pour une séance de deux heures où, avec d’autres étudiant(e)s bénévoles encadrés par une volontaire de l’Afev, on accueille les enfants, on pratique des activités ludiques sur des thèmes liés à la santé, et on prend un goûter tous ensemble. On fait aussi parfois des sorties au musée, à la piscine. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est l’aspect relationnel.


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Journée du refus de l''échec scolaire
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3 questions à Marcel Rufo


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Marcel Rufo

Pourquoi avez-vous accepté de devenir parrain de la Journée du refus de l''échec scolaire ?

« La chance de l''enfant c''est l''école, et donc tous ceux qui s''intéressent à l''école m''intéresse. C''est pour cela aussi qu''à l''inverse, les souffrances scolaires sont particulièrement fortes : l''école c''est ce qui permet à l''enfant de comprendre la notion d''anticipation. Qu''est-ce que je deviendrai quand je serai grand ? L''école c''est aussi l''accès à la culture et, de là, au bonheur. La souffrance liée à l''école est très forte : 44% des consultations que nous avons en pédopsychiatrie sont dues à des difficultés scolaires. Est-ce que chaque fois ces problèmes devraient relever de la pédopsychiatrie, je ne suis pas sûr. Il y aurait des réflexions à avoir avec les enseignants, les psychologues, les artistes, les acteurs associatifs… Il y a chez ces enfants l''idée qu''ils déçoivent leurs parents, ne répondent pas à leurs attentes, sont moins bons que leur frère ou leur sœur… C''est une situation à laquelle je suis confronté sans arrêt. »

En quoi ces souffrances jouent-elles sur la confiance de l''enfant ?

« La confiance en soi, le narcissisme se construisent par l''école aussi. C''est pour cela qu''en accord avec Philippe Meirieu notamment, je pense qu''il faut toujours féliciter un enfant quand il réussit quelque chose, y compris dans les matières considérées comme « mineures ». Tu as fait un beau dessin, tu es remarquable en gym… Un enfant doit être bon quelque part pour être meilleur ailleurs. »

Quel est le message que vous voulez porter à l''occasion de cette Journée du refus de l''échec scolaire ?

« J''aurais rêvé être instituteur, et il est temps que je m''en occupe ! Plus sérieusement, l''école est le meilleur des soins psychologiques, c''est ce qui est spécifiquement humain. L''école t''apprend à être toi, et pour être toi tu as besoin de l''autre. J''aimerais aussi dire aux enseignants de ne pas tomber dans le piège dans lequel sont tombés les psys, qui parle « de neutralité bienveillante ». Je ne voudrais pas de neutralité pédagogique, mais une empathie cognitive. Des enseignants qui ne soient pas tristes, qui aient envie d''apprendre aux enfants et de leur dire : tu y arriveras. »