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témoignages

     
Pour voir les vidéos version complète de ces témoignages, clique sur les liens ci-dessous :


Raïssi, bénévole à l’Afev Lyon

Le jeune dont je m'occupe s'appelle Mohamed. Je me souviens encore de la rencontre, nous étions dans son collège avec les volontaires et nous nous sommes présentés. Il a 17 ans et il vient d'Algérie. Je me suis tout de suite senti à l'aise en sa compagnie. Certes, au début il y avait une certaine distance mais avec le temps même si cela n'est pas égal à des années, nous avions appris à nous connaître. Et ainsi j'ai découvert une personne formidable. En effet même aujourd'hui je suis admiratif d'un tel courage, d'une motivation sans égal et surtout d'un sérieux exemplaire.
Je pense donc que l'Afev a été très enrichissante pour lui car sans cela l'intégration de Mohamed dans le domaine scolaire et aussi dans sa vie sociale n'aurait pas été aussi facile même si ce dernier dispose de qualités en faveur de cela.
J'ai également beaucoup appris avec l'Afev; l'Afev m'a permis de voir une réalité trop souvent appauvrie et oubliée par notre entourage et les médias; aussi je me sens fier de pouvoir aider ce jeune.
Pour cela j'encourage tous les étudiants à faire bénéficier d'un peu de leur temps libre à l'Afev pour pouvoir vivre tout comme moi une expérience humainement enrichissante.


Virginie, bénévole à l’Afev Perpignan


J’accompagne Abbès, collégien en 3ème, depuis 1 ans. C’est un garçon qui a pas mal de difficultés en lecture et écriture, car cela fait cinq ans qu’il est en France. Il a été dans des classes spécialisées pour les Enfants Nouvellement Arrivés pendant deux ans, mais depuis, a repris le cursus scolaire dit « normal ». Nous allons donc souvent à la médiathèque ensemble, où il est inscrit, afin qu’il puisse prendre le goût de la lecture, et qu’il ramène des livres chez lui. Puis, nous sommes récemment allés voir deux pièces de théâtre, car il n’en avait jamais vu jusqu’alors ! Bien qu’il ait des difficultés en français, cela lui a plu !
J’aimerais juste dire que cet accompagnement m’aura beaucoup apporté, car hormis le fait de se sentir utile en donnant de mon expérience et de mon savoir à Abbès, c’est l’échange et la sympathie qui s’est créé entre nous qui est importante !

Mathis, bénévole à l’Afev Nanterre

J’ai connu l’Afev grâce au bouche à oreille. J’avais envie d’aider. J’ai choisi les ateliers pour avoir l’opportunité de travailler avec un groupe d’enfants. Chaque samedi après-midi, je vais au centre social des Canibouts pour une séance de deux heures où, avec d’autres étudiant(e)s bénévoles encadrés par une volontaire de l’Afev, on accueille les enfants, on pratique des activités ludiques sur des thèmes liés à la santé, et on prend un goûter tous ensemble. On fait aussi parfois des sorties au musée, à la piscine. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est l’aspect relationnel.


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3ème jouée du refus de l''échec scolaire
jres

Questions à Gabriel Cohn-Bendit


---
Gabriel Cohn-Bendit

L''ECOLE DEVRAIT ETRE UN LIEU OU TOUS LES ENFANTS ONT ENVIE D''ALLER

Pédagogue et fondateur, en 1982, du lycée expérimental de Saint-Nazaire, Gabriel Cohn-Bendit milite pour une école de la curiosité, de l’éveil. Il sera le parrain de la Journée du Refus de l’Echec Scolaire que l’afev organise en septembre.

L’échec scolaire, c’est celui de l’élève ou de l’école ?

Je n’aime pas l’expression d’échec scolaire parce qu’elle sous-tend que c’est l’élève qui est en échec. Or, pour moi, c’est l’école qui échoue. Je ne vais pas dire que, s’il y a à l’origine des différences socioculturelles entre les élèves, tout peut être gommé. Mais il faut en finir avec certaines pratiques : le travail à la maison creuse les écarts entre élèves, les grandes vacances profitent aux élèves favorisés tandis que ceux des milieux populaires sont coincés au quartier. L’école est le seul lieu où tout le monde va. Les autres lieux concerne une petite catégorie de privilégiés, par exemple les conservatoires pour la musique. C’est pour cela qu’il faut avoir pour l’école un projet ambitieux, permettre aux enfants de faire du théâtre, de jouer dans un petit orchestre…

Pour vous, la clé c’est de redonner envie aux enfants d’aller à l’école…

J’ai toujours pensé qu’un gosse c’était curieux. Or,  l’éducation ça commence souvent par « Tais-toi, arrête, tu m’agaces », parce que les parents ont autre chose à faire… L’école devrait être le lieu où l’on commence à répondre à toutes les questions que se posent les enfants… J’ai travaillé pendant longtemps selon les méthodes Freinet (1), il y avait des bibliothèques de travail avec des petits fascicules sur tous les sujets, de la reproduction des bigorneaux à la Commune de Paris… Si un élève se posait une question, l’instit disait à l’enfant d’aller à la bibliothèque trouver lui-même la réponse. L’école peut être le lieu où chacun creuse, mais pas forcément la même chose. Les rythmes n’ont pas non plus à être les mêmes. Par exemple avec le système des fichiers auto correctrices de Freinet : l’élève remplissait un questionnaire sur une thématique, puis il se corrigeait lui-même, et enfin, toutes les quatre ou cinq fiches, il apportait ses réponses au maître qui voyait si les connaissances étaient acquises. Il y avait donc aussi une responsabilisation. Je connais peu d’élèves qui, dans ce contexte-là, sont dégoûtés. Après, tous ne réussissent pas forcément de la même façon, mais au moins l’école est un lieu où les enfants ont envie d’aller.

On vous répondra qu’avec ces méthodes, les élèves n’acquièrent pas les connaissances de base.
Au lycée expérimental de Saint-Nazaire, on avait fait un atelier sur le suicide. Les jeunes qui avaient fait des tentatives ont commencé à raconter leurs expériences. Mais après, on avait étudié le suicide au Moyen-Age – quand on trimbalait le cadavre dans toute la ville pour faire honte à la famille –, le suicide au Japon, le suicide dans la littérature française avec par exemple Mme Bovary, le suicide dans la philosophie pour aider nos élèves qui passaient le bac... La semaine d’après, les élèves eux-mêmes avaient demandé d’étudier Phèdre, dont on avait lu un passage pendant l’atelier. Ce texte leur avait parlé. L’important,  ce n’est pas de faire rentrer la culture dans la tête des enfants mais d’éveiller leur curiosité. A partir de là, ils la « boufferont » la culture.

En Finlande, il y a une école qui réussit parce qu’elle écrase les différences entre les élèves. Si un enfant ne sait pas encore bien lire, eh bien on lui apprend à lire, on adapte son programme pour ne pas le surcharger. Et on ne peut pas dire que c’est une école qui tire le niveau vers le bas, puisque la Finlande arrive à la première position de toutes évaluations Pisa.


Quel écho rencontrent vos propositions ?

Le problème, c’est que beaucoup d’enseignants ne sont pas prêts à travailler comme cela. Je pense que ce n’est pas tant le problème de la formation que celui du recrutement. Il faut que les jeunes qui se destinent à devenir professeurs soient prêts à gérer les rapports humains, par exemple à ne pas se laisser avoir par la provocation. Ce serait intéressant pour eux d’avoir dirigé une fois une colonie de vacances de gosses de banlieue. Ou d’avoir été bénévole pour l’Afev pendant un an ! S’ils se rendent compte que ça ne passe pas avec les enfants, qu’ils ont peur ou qu’ils s’ennuient, autant passer à autre chose.

Entretien réalisé par Eunice Mangado-Lunetta et Paul Falzon-Monferran

(1) Célestin Freinet (1896-1966) a conçu une pédagogie fondée sur l’expression libre (rédaction et impression de texte), ainsi que sur l’individualisation des enfants et le travail en coopération. Plusieurs dizaines d’écoles en France utilisent aujourd’hui ces méthodes.


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Gabriel Cohn-Bendit

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Pédagogue et fondateur, en 1982, du lycée expérimental de Saint-Nazaire, Gabriel Cohn-Bendit milite pour une école de la curiosité, de l’éveil. Il sera le parrain de la Journée du Refus de l’Echec Scolaire que l’afev organise en septembre.

L’échec scolaire, c’est celui de l’élève ou de l’école ?

Je n’aime pas l’expression d’échec scolaire parce qu’elle sous-tend que c’est l’élève qui est en échec. Or, pour moi, c’est l’école qui échoue. Je ne vais pas dire que, s’il y a à l’origine des différences socioculturelles entre les élèves, tout peut être gommé. Mais il faut en finir avec certaines pratiques : le travail à la maison creuse les écarts entre élèves, les grandes vacances profitent aux élèves favorisés tandis que ceux des milieux populaires sont coincés au quartier. L’école est le seul lieu où tout le monde va. Les autres lieux concerne une petite catégorie de privilégiés, par exemple les conservatoires pour la musique. C’est pour cela qu’il faut avoir pour l’école un projet ambitieux, permettre aux enfants de faire du théâtre, de jouer dans un petit orchestre…

Pour vous, la clé c’est de redonner envie aux enfants d’aller à l’école…

J’ai toujours pensé qu’un gosse c’était curieux. Or,  l’éducation ça commence souvent par « Tais-toi, arrête, tu m’agaces », parce que les parents ont autre chose à faire… L’école devrait être le lieu où l’on commence à répondre à toutes les questions que se posent les enfants… J’ai travaillé pendant longtemps selon les méthodes Freinet (1), il y avait des bibliothèques de travail avec des petits fascicules sur tous les sujets, de la reproduction des bigorneaux à la Commune de Paris… Si un élève se posait une question, l’instit disait à l’enfant d’aller à la bibliothèque trouver lui-même la réponse. L’école peut être le lieu où chacun creuse, mais pas forcément la même chose. Les rythmes n’ont pas non plus à être les mêmes. Par exemple avec le système des fichiers auto correctrices de Freinet : l’élève remplissait un questionnaire sur une thématique, puis il se corrigeait lui-même, et enfin, toutes les quatre ou cinq fiches, il apportait ses réponses au maître qui voyait si les connaissances étaient acquises. Il y avait donc aussi une responsabilisation. Je connais peu d’élèves qui, dans ce contexte-là, sont dégoûtés. Après, tous ne réussissent pas forcément de la même façon, mais au moins l’école est un lieu où les enfants ont envie d’aller.

On vous répondra qu’avec ces méthodes, les élèves n’acquièrent pas les connaissances de base.
Au lycée expérimental de Saint-Nazaire, on avait fait un atelier sur le suicide. Les jeunes qui avaient fait des tentatives ont commencé à raconter leurs expériences. Mais après, on avait étudié le suicide au Moyen-Age – quand on trimbalait le cadavre dans toute la ville pour faire honte à la famille –, le suicide au Japon, le suicide dans la littérature française avec par exemple Mme Bovary, le suicide dans la philosophie pour aider nos élèves qui passaient le bac... La semaine d’après, les élèves eux-mêmes avaient demandé d’étudier Phèdre, dont on avait lu un passage pendant l’atelier. Ce texte leur avait parlé. L’important,  ce n’est pas de faire rentrer la culture dans la tête des enfants mais d’éveiller leur curiosité. A partir de là, ils la « boufferont » la culture.

En Finlande, il y a une école qui réussit parce qu’elle écrase les différences entre les élèves. Si un enfant ne sait pas encore bien lire, eh bien on lui apprend à lire, on adapte son programme pour ne pas le surcharger. Et on ne peut pas dire que c’est une école qui tire le niveau vers le bas, puisque la Finlande arrive à la première position de toutes évaluations Pisa.


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Le problème, c’est que beaucoup d’enseignants ne sont pas prêts à travailler comme cela. Je pense que ce n’est pas tant le problème de la formation que celui du recrutement. Il faut que les jeunes qui se destinent à devenir professeurs soient prêts à gérer les rapports humains, par exemple à ne pas se laisser avoir par la provocation. Ce serait intéressant pour eux d’avoir dirigé une fois une colonie de vacances de gosses de banlieue. Ou d’avoir été bénévole pour l’Afev pendant un an ! S’ils se rendent compte que ça ne passe pas avec les enfants, qu’ils ont peur ou qu’ils s’ennuient, autant passer à autre chose.

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L’échec scolaire, c’est celui de l’élève ou de l’école ?

Je n’aime pas l’expression d’échec scolaire parce qu’elle sous-tend que c’est l’élève qui est en échec. Or, pour moi, c’est l’école qui échoue. Je ne vais pas dire que, s’il y a à l’origine des différences socioculturelles entre les élèves, tout peut être gommé. Mais il faut en finir avec certaines pratiques : le travail à la maison creuse les écarts entre élèves, les grandes vacances profitent aux élèves favorisés tandis que ceux des milieux populaires sont coincés au quartier. L’école est le seul lieu où tout le monde va. Les autres lieux concerne une petite catégorie de privilégiés, par exemple les conservatoires pour la musique. C’est pour cela qu’il faut avoir pour l’école un projet ambitieux, permettre aux enfants de faire du théâtre, de jouer dans un petit orchestre…

Pour vous, la clé c’est de redonner envie aux enfants d’aller à l’école…

J’ai toujours pensé qu’un gosse c’était curieux. Or,  l’éducation ça commence souvent par « Tais-toi, arrête, tu m’agaces », parce que les parents ont autre chose à faire… L’école devrait être le lieu où l’on commence à répondre à toutes les questions que se posent les enfants… J’ai travaillé pendant longtemps selon les méthodes Freinet (1), il y avait des bibliothèques de travail avec des petits fascicules sur tous les sujets, de la reproduction des bigorneaux à la Commune de Paris… Si un élève se posait une question, l’instit disait à l’enfant d’aller à la bibliothèque trouver lui-même la réponse. L’école peut être le lieu où chacun creuse, mais pas forcément la même chose. Les rythmes n’ont pas non plus à être les mêmes. Par exemple avec le système des fichiers auto correctrices de Freinet : l’élève remplissait un questionnaire sur une thématique, puis il se corrigeait lui-même, et enfin, toutes les quatre ou cinq fiches, il apportait ses réponses au maître qui voyait si les connaissances étaient acquises. Il y avait donc aussi une responsabilisation. Je connais peu d’élèves qui, dans ce contexte-là, sont dégoûtés. Après, tous ne réussissent pas forcément de la même façon, mais au moins l’école est un lieu où les enfants ont envie d’aller.

On vous répondra qu’avec ces méthodes, les élèves n’acquièrent pas les connaissances de base.
Au lycée expérimental de Saint-Nazaire, on avait fait un atelier sur le suicide. Les jeunes qui avaient fait des tentatives ont commencé à raconter leurs expériences. Mais après, on avait étudié le suicide au Moyen-Age – quand on trimbalait le cadavre dans toute la ville pour faire honte à la famille –, le suicide au Japon, le suicide dans la littérature française avec par exemple Mme Bovary, le suicide dans la philosophie pour aider nos élèves qui passaient le bac... La semaine d’après, les élèves eux-mêmes avaient demandé d’étudier Phèdre, dont on avait lu un passage pendant l’atelier. Ce texte leur avait parlé. L’important,  ce n’est pas de faire rentrer la culture dans la tête des enfants mais d’éveiller leur curiosité. A partir de là, ils la « boufferont » la culture.

En Finlande, il y a une école qui réussit parce qu’elle écrase les différences entre les élèves. Si un enfant ne sait pas encore bien lire, eh bien on lui apprend à lire, on adapte son programme pour ne pas le surcharger. Et on ne peut pas dire que c’est une école qui tire le niveau vers le bas, puisque la Finlande arrive à la première position de toutes évaluations Pisa.


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Le problème, c’est que beaucoup d’enseignants ne sont pas prêts à travailler comme cela. Je pense que ce n’est pas tant le problème de la formation que celui du recrutement. Il faut que les jeunes qui se destinent à devenir professeurs soient prêts à gérer les rapports humains, par exemple à ne pas se laisser avoir par la provocation. Ce serait intéressant pour eux d’avoir dirigé une fois une colonie de vacances de gosses de banlieue. Ou d’avoir été bénévole pour l’Afev pendant un an ! S’ils se rendent compte que ça ne passe pas avec les enfants, qu’ils ont peur ou qu’ils s’ennuient, autant passer à autre chose.

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L’échec scolaire, c’est celui de l’élève ou de l’école ?

Je n’aime pas l’expression d’échec scolaire parce qu’elle sous-tend que c’est l’élève qui est en échec. Or, pour moi, c’est l’école qui échoue. Je ne vais pas dire que, s’il y a à l’origine des différences socioculturelles entre les élèves, tout peut être gommé. Mais il faut en finir avec certaines pratiques : le travail à la maison creuse les écarts entre élèves, les grandes vacances profitent aux élèves favorisés tandis que ceux des milieux populaires sont coincés au quartier. L’école est le seul lieu où tout le monde va. Les autres lieux concerne une petite catégorie de privilégiés, par exemple les conservatoires pour la musique. C’est pour cela qu’il faut avoir pour l’école un projet ambitieux, permettre aux enfants de faire du théâtre, de jouer dans un petit orchestre…

Pour vous, la clé c’est de redonner envie aux enfants d’aller à l’école…

J’ai toujours pensé qu’un gosse c’était curieux. Or,  l’éducation ça commence souvent par « Tais-toi, arrête, tu m’agaces », parce que les parents ont autre chose à faire… L’école devrait être le lieu où l’on commence à répondre à toutes les questions que se posent les enfants… J’ai travaillé pendant longtemps selon les méthodes Freinet (1), il y avait des bibliothèques de travail avec des petits fascicules sur tous les sujets, de la reproduction des bigorneaux à la Commune de Paris… Si un élève se posait une question, l’instit disait à l’enfant d’aller à la bibliothèque trouver lui-même la réponse. L’école peut être le lieu où chacun creuse, mais pas forcément la même chose. Les rythmes n’ont pas non plus à être les mêmes. Par exemple avec le système des fichiers auto correctrices de Freinet : l’élève remplissait un questionnaire sur une thématique, puis il se corrigeait lui-même, et enfin, toutes les quatre ou cinq fiches, il apportait ses réponses au maître qui voyait si les connaissances étaient acquises. Il y avait donc aussi une responsabilisation. Je connais peu d’élèves qui, dans ce contexte-là, sont dégoûtés. Après, tous ne réussissent pas forcément de la même façon, mais au moins l’école est un lieu où les enfants ont envie d’aller.

On vous répondra qu’avec ces méthodes, les élèves n’acquièrent pas les connaissances de base.
Au lycée expérimental de Saint-Nazaire, on avait fait un atelier sur le suicide. Les jeunes qui avaient fait des tentatives ont commencé à raconter leurs expériences. Mais après, on avait étudié le suicide au Moyen-Age – quand on trimbalait le cadavre dans toute la ville pour faire honte à la famille –, le suicide au Japon, le suicide dans la littérature française avec par exemple Mme Bovary, le suicide dans la philosophie pour aider nos élèves qui passaient le bac... La semaine d’après, les élèves eux-mêmes avaient demandé d’étudier Phèdre, dont on avait lu un passage pendant l’atelier. Ce texte leur avait parlé. L’important,  ce n’est pas de faire rentrer la culture dans la tête des enfants mais d’éveiller leur curiosité. A partir de là, ils la « boufferont » la culture.

En Finlande, il y a une école qui réussit parce qu’elle écrase les différences entre les élèves. Si un enfant ne sait pas encore bien lire, eh bien on lui apprend à lire, on adapte son programme pour ne pas le surcharger. Et on ne peut pas dire que c’est une école qui tire le niveau vers le bas, puisque la Finlande arrive à la première position de toutes évaluations Pisa.


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Le problème, c’est que beaucoup d’enseignants ne sont pas prêts à travailler comme cela. Je pense que ce n’est pas tant le problème de la formation que celui du recrutement. Il faut que les jeunes qui se destinent à devenir professeurs soient prêts à gérer les rapports humains, par exemple à ne pas se laisser avoir par la provocation. Ce serait intéressant pour eux d’avoir dirigé une fois une colonie de vacances de gosses de banlieue. Ou d’avoir été bénévole pour l’Afev pendant un an ! S’ils se rendent compte que ça ne passe pas avec les enfants, qu’ils ont peur ou qu’ils s’ennuient, autant passer à autre chose.

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Je n’aime pas l’expression d’échec scolaire parce qu’elle sous-tend que c’est l’élève qui est en échec. Or, pour moi, c’est l’école qui échoue. Je ne vais pas dire que, s’il y a à l’origine des différences socioculturelles entre les élèves, tout peut être gommé. Mais il faut en finir avec certaines pratiques : le travail à la maison creuse les écarts entre élèves, les grandes vacances profitent aux élèves favorisés tandis que ceux des milieux populaires sont coincés au quartier. L’école est le seul lieu où tout le monde va. Les autres lieux concerne une petite catégorie de privilégiés, par exemple les conservatoires pour la musique. C’est pour cela qu’il faut avoir pour l’école un projet ambitieux, permettre aux enfants de faire du théâtre, de jouer dans un petit orchestre…

Pour vous, la clé c’est de redonner envie aux enfants d’aller à l’école…

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On vous répondra qu’avec ces méthodes, les élèves n’acquièrent pas les connaissances de base.
Au lycée expérimental de Saint-Nazaire, on avait fait un atelier sur le suicide. Les jeunes qui avaient fait des tentatives ont commencé à raconter leurs expériences. Mais après, on avait étudié le suicide au Moyen-Age – quand on trimbalait le cadavre dans toute la ville pour faire honte à la famille –, le suicide au Japon, le suicide dans la littérature française avec par exemple Mme Bovary, le suicide dans la philosophie pour aider nos élèves qui passaient le bac... La semaine d’après, les élèves eux-mêmes avaient demandé d’étudier Phèdre, dont on avait lu un passage pendant l’atelier. Ce texte leur avait parlé. L’important,  ce n’est pas de faire rentrer la culture dans la tête des enfants mais d’éveiller leur curiosité. A partir de là, ils la « boufferont » la culture.

En Finlande, il y a une école qui réussit parce qu’elle écrase les différences entre les élèves. Si un enfant ne sait pas encore bien lire, eh bien on lui apprend à lire, on adapte son programme pour ne pas le surcharger. Et on ne peut pas dire que c’est une école qui tire le niveau vers le bas, puisque la Finlande arrive à la première position de toutes évaluations Pisa.


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Le problème, c’est que beaucoup d’enseignants ne sont pas prêts à travailler comme cela. Je pense que ce n’est pas tant le problème de la formation que celui du recrutement. Il faut que les jeunes qui se destinent à devenir professeurs soient prêts à gérer les rapports humains, par exemple à ne pas se laisser avoir par la provocation. Ce serait intéressant pour eux d’avoir dirigé une fois une colonie de vacances de gosses de banlieue. Ou d’avoir été bénévole pour l’Afev pendant un an ! S’ils se rendent compte que ça ne passe pas avec les enfants, qu’ils ont peur ou qu’ils s’ennuient, autant passer à autre chose.

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Je n’aime pas l’expression d’échec scolaire parce qu’elle sous-tend que c’est l’élève qui est en échec. Or, pour moi, c’est l’école qui échoue. Je ne vais pas dire que, s’il y a à l’origine des différences socioculturelles entre les élèves, tout peut être gommé. Mais il faut en finir avec certaines pratiques : le travail à la maison creuse les écarts entre élèves, les grandes vacances profitent aux élèves favorisés tandis que ceux des milieux populaires sont coincés au quartier. L’école est le seul lieu où tout le monde va. Les autres lieux concerne une petite catégorie de privilégiés, par exemple les conservatoires pour la musique. C’est pour cela qu’il faut avoir pour l’école un projet ambitieux, permettre aux enfants de faire du théâtre, de jouer dans un petit orchestre…

Pour vous, la clé c’est de redonner envie aux enfants d’aller à l’école…

J’ai toujours pensé qu’un gosse c’était curieux. Or,  l’éducation ça commence souvent par « Tais-toi, arrête, tu m’agaces », parce que les parents ont autre chose à faire… L’école devrait être le lieu où l’on commence à répondre à toutes les questions que se posent les enfants… J’ai travaillé pendant longtemps selon les méthodes Freinet (1), il y avait des bibliothèques de travail avec des petits fascicules sur tous les sujets, de la reproduction des bigorneaux à la Commune de Paris… Si un élève se posait une question, l’instit disait à l’enfant d’aller à la bibliothèque trouver lui-même la réponse. L’école peut être le lieu où chacun creuse, mais pas forcément la même chose. Les rythmes n’ont pas non plus à être les mêmes. Par exemple avec le système des fichiers auto correctrices de Freinet : l’élève remplissait un questionnaire sur une thématique, puis il se corrigeait lui-même, et enfin, toutes les quatre ou cinq fiches, il apportait ses réponses au maître qui voyait si les connaissances étaient acquises. Il y avait donc aussi une responsabilisation. Je connais peu d’élèves qui, dans ce contexte-là, sont dégoûtés. Après, tous ne réussissent pas forcément de la même façon, mais au moins l’école est un lieu où les enfants ont envie d’aller.

On vous répondra qu’avec ces méthodes, les élèves n’acquièrent pas les connaissances de base.
Au lycée expérimental de Saint-Nazaire, on avait fait un atelier sur le suicide. Les jeunes qui avaient fait des tentatives ont commencé à raconter leurs expériences. Mais après, on avait étudié le suicide au Moyen-Age – quand on trimbalait le cadavre dans toute la ville pour faire honte à la famille –, le suicide au Japon, le suicide dans la littérature française avec par exemple Mme Bovary, le suicide dans la philosophie pour aider nos élèves qui passaient le bac... La semaine d’après, les élèves eux-mêmes avaient demandé d’étudier Phèdre, dont on avait lu un passage pendant l’atelier. Ce texte leur avait parlé. L’important,  ce n’est pas de faire rentrer la culture dans la tête des enfants mais d’éveiller leur curiosité. A partir de là, ils la « boufferont » la culture.

En Finlande, il y a une école qui réussit parce qu’elle écrase les différences entre les élèves. Si un enfant ne sait pas encore bien lire, eh bien on lui apprend à lire, on adapte son programme pour ne pas le surcharger. Et on ne peut pas dire que c’est une école qui tire le niveau vers le bas, puisque la Finlande arrive à la première position de toutes évaluations Pisa.


Quel écho rencontrent vos propositions ?

Le problème, c’est que beaucoup d’enseignants ne sont pas prêts à travailler comme cela. Je pense que ce n’est pas tant le problème de la formation que celui du recrutement. Il faut que les jeunes qui se destinent à devenir professeurs soient prêts à gérer les rapports humains, par exemple à ne pas se laisser avoir par la provocation. Ce serait intéressant pour eux d’avoir dirigé une fois une colonie de vacances de gosses de banlieue. Ou d’avoir été bénévole pour l’Afev pendant un an ! S’ils se rendent compte que ça ne passe pas avec les enfants, qu’ils ont peur ou qu’ils s’ennuient, autant passer à autre chose.

Entretien réalisé par Eunice Mangado-Lunetta et Paul Falzon-Monferran

(1) Célestin Freinet (1896-1966) a conçu une pédagogie fondée sur l’expression libre (rédaction et impression de texte), ainsi que sur l’individualisation des enfants et le travail en coopération. Plusieurs dizaines d’écoles en France utilisent aujourd’hui ces méthodes.


'), (38, 'campagne_recrut_2011', '', 'Avec l''Afev, accompagne un jeune

Questions à Gabriel Cohn-Bendit


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Gabriel Cohn-Bendit

L''ECOLE DEVRAIT ETRE UN LIEU OU TOUS LES ENFANTS ONT ENVIE D''ALLER

Pédagogue et fondateur, en 1982, du lycée expérimental de Saint-Nazaire, Gabriel Cohn-Bendit milite pour une école de la curiosité, de l’éveil. Il sera le parrain de la Journée du Refus de l’Echec Scolaire que l’afev organise en septembre.

L’échec scolaire, c’est celui de l’élève ou de l’école ?

Je n’aime pas l’expression d’échec scolaire parce qu’elle sous-tend que c’est l’élève qui est en échec. Or, pour moi, c’est l’école qui échoue. Je ne vais pas dire que, s’il y a à l’origine des différences socioculturelles entre les élèves, tout peut être gommé. Mais il faut en finir avec certaines pratiques : le travail à la maison creuse les écarts entre élèves, les grandes vacances profitent aux élèves favorisés tandis que ceux des milieux populaires sont coincés au quartier. L’école est le seul lieu où tout le monde va. Les autres lieux concerne une petite catégorie de privilégiés, par exemple les conservatoires pour la musique. C’est pour cela qu’il faut avoir pour l’école un projet ambitieux, permettre aux enfants de faire du théâtre, de jouer dans un petit orchestre…

Pour vous, la clé c’est de redonner envie aux enfants d’aller à l’école…

J’ai toujours pensé qu’un gosse c’était curieux. Or,  l’éducation ça commence souvent par « Tais-toi, arrête, tu m’agaces », parce que les parents ont autre chose à faire… L’école devrait être le lieu où l’on commence à répondre à toutes les questions que se posent les enfants… J’ai travaillé pendant longtemps selon les méthodes Freinet (1), il y avait des bibliothèques de travail avec des petits fascicules sur tous les sujets, de la reproduction des bigorneaux à la Commune de Paris… Si un élève se posait une question, l’instit disait à l’enfant d’aller à la bibliothèque trouver lui-même la réponse. L’école peut être le lieu où chacun creuse, mais pas forcément la même chose. Les rythmes n’ont pas non plus à être les mêmes. Par exemple avec le système des fichiers auto correctrices de Freinet : l’élève remplissait un questionnaire sur une thématique, puis il se corrigeait lui-même, et enfin, toutes les quatre ou cinq fiches, il apportait ses réponses au maître qui voyait si les connaissances étaient acquises. Il y avait donc aussi une responsabilisation. Je connais peu d’élèves qui, dans ce contexte-là, sont dégoûtés. Après, tous ne réussissent pas forcément de la même façon, mais au moins l’école est un lieu où les enfants ont envie d’aller.

On vous répondra qu’avec ces méthodes, les élèves n’acquièrent pas les connaissances de base.
Au lycée expérimental de Saint-Nazaire, on avait fait un atelier sur le suicide. Les jeunes qui avaient fait des tentatives ont commencé à raconter leurs expériences. Mais après, on avait étudié le suicide au Moyen-Age – quand on trimbalait le cadavre dans toute la ville pour faire honte à la famille –, le suicide au Japon, le suicide dans la littérature française avec par exemple Mme Bovary, le suicide dans la philosophie pour aider nos élèves qui passaient le bac... La semaine d’après, les élèves eux-mêmes avaient demandé d’étudier Phèdre, dont on avait lu un passage pendant l’atelier. Ce texte leur avait parlé. L’important,  ce n’est pas de faire rentrer la culture dans la tête des enfants mais d’éveiller leur curiosité. A partir de là, ils la « boufferont » la culture.

En Finlande, il y a une école qui réussit parce qu’elle écrase les différences entre les élèves. Si un enfant ne sait pas encore bien lire, eh bien on lui apprend à lire, on adapte son programme pour ne pas le surcharger. Et on ne peut pas dire que c’est une école qui tire le niveau vers le bas, puisque la Finlande arrive à la première position de toutes évaluations Pisa.


Quel écho rencontrent vos propositions ?

Le problème, c’est que beaucoup d’enseignants ne sont pas prêts à travailler comme cela. Je pense que ce n’est pas tant le problème de la formation que celui du recrutement. Il faut que les jeunes qui se destinent à devenir professeurs soient prêts à gérer les rapports humains, par exemple à ne pas se laisser avoir par la provocation. Ce serait intéressant pour eux d’avoir dirigé une fois une colonie de vacances de gosses de banlieue. Ou d’avoir été bénévole pour l’Afev pendant un an ! S’ils se rendent compte que ça ne passe pas avec les enfants, qu’ils ont peur ou qu’ils s’ennuient, autant passer à autre chose.

Entretien réalisé par Eunice Mangado-Lunetta et Paul Falzon-Monferran

(1) Célestin Freinet (1896-1966) a conçu une pédagogie fondée sur l’expression libre (rédaction et impression de texte), ainsi que sur l’individualisation des enfants et le travail en coopération. Plusieurs dizaines d’écoles en France utilisent aujourd’hui ces méthodes.